DJ kArve.jpg Arnaud Brunet/Red Bull photofiles

Qui est le meilleur DJ au monde? Cette question s’est répétée plusieurs fois cette année, aux quatre coins du globe, alors que les platinistes étaient mis à l’épreuve dans les finales régionales et nationales. La réponse est venue jeudi soir à 3 heures du matin à l’Élysée Montmartre de Paris quand le Français DJ kArve a été couronné premier champion international de l’histoire du Red Bull Thre3style.

Comme le stipulent les règlements du Red Bull Thre3style, chaque finaliste a eu droit à 15 minutes, contenant au moins trois styles musicaux. Ils furent jugés sur la base du choix des morceaux, des habiletés techniques et de la réaction de la foule, par un panel de juges incluant les DJ Jazzy Jeff, Craze and Klever et (seule représentante de la gent féminine) Yasmina Benbekaï. Bien que des classiques de Nirvana et des Beastie Boys, ou l’oeil du tigre de Survivor soient revenus souvent pour passer le relais, le mélange des nationalités a amené beaucoup de couleur à la soirée.

kArve s’est mérité le titre grâce à une solide prestation, au rythme soutenu, aux scratchs subtils, sans oublier le sampling qui tue, la célèbre phrase tirée de Chris Rock in Da Club, de Lil Jon & Eastside Boyz: “We stay in the club! We live in the club! We die in the club!” Les juges ont apprécié qu’il ait suivi les règles en jouant plus de trois genres musicaux et surtout son habileté à faire danser la foule.

Le toujours flamboyant Nedu Lopes, du Brésil, a hérité de la deuxième place avec sa maîtrise du break et du scratch et sa facilité à se faire accepter de la foule locale. Entre une intro en français et une finale à la J’taime, il a fait succéder les Red Hot Chilli Peppers, les Beatles, Ol’ Dirty Bastard et la très populaire Barbra Streisand, de Armand Van Helden et A-Trak, sans oublier la version originale brésilienne de Girl from Ipanema. L’utlisation de Song 2, de Blur, avec ses “woo-hoo”, lui a valu des points pour la réaction de la foule, tandis que ses scratchs répétant le riff de guitare de “Walk this way” ont confirmé ses talents techniques.

Le Canadien DJ Drastik et le Suisse DJ Montes ont récolté ex aequo la troisième position, et échangeaient des regards perplexes lorsqu’on les a appelés sur scène au son de la chanson thème de Star Wars. Retournant au boulot après une pause de 5 ans, Drastik a pris le taureau par les cornes avec un beat agressif, et en première minute des extraits de Jadakiss et Jay-Z. La suite a fait entendre La Roux, Missy Elliot, Radiohead, Queen et Ring Of Fire de Johnny Cash, entremêlés de basse et d’electro torturés. Montes a débuté avec des beats très rapides et un extrait de Taxi Driver, avant d’y aller d’un mélange de hip-hop, de Iggy Pop, de Tainted Love, pour finalement bifurquer vers de grands classiques comme Édith Piaf et euh… Tetris.

Un peu plus tôt dans la soirée, le juge Jazzy Jeff avait réchauffé la foule avec 30 minutes de hits incluant tellement de genres qu’on se demandait s’il resterait des morceaux pour les concurrents. Premier à entrer en scène, le Britannique DJ Santero a tout de même épaté la galerie avec du house, du garage et du hip-hop, allant de Blue Monday à Roxanne, tandis qu’après lui le Néo-Zélandais Scratch 22 est passé de Please Mr Postman à Bonkers, de Dizzie, dans le set le plus dub et le plus lourd de la soirée.

Portant costume et cravate, l’Américain DJ M-Squared a impressionné avec un mix taillé sur mesure, incluant du hip hop old school et du disco. Le Colombien Dhago a attaqué sur une note de carnaval, suivie d’interludes de scratchs déjantés.

Les prestations les plus spéciales de la soirée furent celles de DJ Iku, du Japon, dont les scratchs frénétiques répondaient à des beats déchaînés, comme une balle sonore rebondissante, et celle de l’Espagnol DJ Chelis, qui, sans Serato et juste avec du vinyl, a causé une avalanche de trance palpitante et de beats déconcertants.

Quand le nouveau champion kArve a été autorisé à quitter la scène et que les juges Craze and Klever sont passés aux platines pour une dernière prestation, les DJ se sont retrouvés encoulisses, s’échangeant félicitations et numéros de portables, tandis que les fans s’animaient sur le plancher de danse. Voilà qui démontre que le Red Bull Thre3style Championship veut dire plus qu’un championnat visant à couronner le meilleur DJ. Pour citer un extrait du set de Drastik, Paris a appris la nuit dernière que “en quinze minutes, beaucoup de choses peuvent arriver.”

 

 


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