Qu’arrive-t-il lorsqu’on met en présence un coureur de MotoGP, un skieur Freestyle et un snowboarder dans la même pièce? Si cette pièce est l’usine de Red Bull Racing la fin de semaine du Grand Prix d’Angleterre, vous avez tous les ingrédients pour un coup d’oeil exclusif sur les coulisses de l’équipe de F1 la plus dynamique qui soit.
J’ai joint le champion de MotoGP Scott Redding, le pro du freestyle Paddy Graham et la star de la Coupe du monde en half-pipe Ben Kilner, tous des ambassadeurs britanniques de Red Bull, pour une tournée du très sophistiqué Technology Centre à Milton Keynes. C’était seulement l’apéritif. L’entrée allait être une visite aux puits à Silverstone (à une heure de là) et le plat de résistance une entrevue avec l’as australien de la F1 Mark Webber.
L’arrivée aux installations de Red Bull Racing est impressionnante. Le bovin pourpre sautant à travers le soleil jaune est bien en vue au milieu de l’immense façade bleu marine. La lumière du matin miroite dans les fenêtres teintées de cyan. Une énorme affiche ne laisse aucun doute sur l’endroit où nous nous trouvons. Je rencontre mes camarades dans l’aire d’entrée, où un des premiers prototypes de F1 Red Bull est exposé, accroché au mur. On nous guide ensuite à l’intérieur du bâtiment.
L’usine est divisée en trois : l’unité principale, l’atelier de fabrication mécanique et la salle d’assemblage des voitures, avec presque 600 employés travaillant dans chaque secteur. Dans l’unité principale, on trouve la spacieuse salle de dessin, où nous nous sommes arrêtés. C’est ici le centre névralgique des opérations, où les cerveaux opèrent leur magie. À leur tête, Adrian Newey, a conçu de nombreuses voitures gagnantes de championnats de Formule 1. Les idées du design sont envoyées à la salle voisine, où on construit des maquettes et des pièces à l’échelle avec une précision à couper le souffle; les lasers employés sont capables de diviser un cheveu en dix sur le sens de la longueur!
À la sortie du bâtiment principal, j’ai eu la chance de voir un ingénieur à l’oeuvre dans la salle des opérations. Ces gars du « Mission Control » à Red Bull Racing reçoivent des données instantanées des voitures en course, que ce soit ici à Silverstone ou à l’autre bout du monde, en Australie. Devant moi, des modifications ont été apportées à une maquette CAD tri-dimensionnelle de la voiture de Sebastian Vettel, suite à de l’information obtenue dans la session d’essai qui se terminait. On m’a assuré que ce minuscule changement à l’aileron avant se traduirait par un gain d’au moins un millième de seconde aux qualifications. C’est trois cent fois plus court qu’un clignement d’oeil!
Le temps nous manquait et la visite des deux autres bâtiments fut plus expéditive. L’atelier d’usinage est l’endroit où les voitures de course passent du stade du dessin à la réalité, et sa majeure partie était fermée au public cette fin de semaine-là (spécialement pour des petits fouineurs équipés de caméras comme nous). C’est ici que des machines très sophistiquées coupent et façonnent les moules qui serviront à fabriquer les pièces de fibre de carbone dans des autoclaves à haute pression. Une fois refroidis, les composants sont dix fois plus forts que l’acier, à une fraction du poids. Il ne manque qu’une couche de peinture pour en faire des pièces rutilantes de voiture de course.
L’habillage des voitures Red Bull Racing est toujours très populaire dans les paddocks, avec des lignes audacieuses et des couleurs vibrantes, à l’image de la marque, qui en met toujours plein la vue. Au Grand Prix d’Angleterre de 2007, les voitures arboraient une peinture inhabituelle, disons plutôt un photomontage des visages des fans ayant fait un don à l’organisme caritatif Wings for Life. Votre reporter Red Bull fut ravi de voir son affreux visage souriant sur le nez de la RB3 de Mark Webber, qui est maintenant exposée dans le dernier pavillon de la visite d’usine.
Sur ce, nous avons filé au circuit de Silverstone pour goûter à l’action et se tremper dans l’atmosphère des puits et du paddock. Les 15 minutes de déplacement m’ont permis de prendre le pouls de mes collègues ambassadeurs Red Bull. Ces installations valant des millions ont évidemment frappé l’imagination des jeunes athlètes : « Le plus que je dépense habituellement pour un snowboard, c’est 700 livres sterling », a commenté Kilner. « Et c’est du hi-tech, en bois franc et fibre de verre! » Son copain Graham opine du chef et ajoute : « et peut-être une centaine de livres pour des goggles en polyurethane. Cela remet nos budgets en perspective de voir tout cet argent investi en Formule 1. » Même Redding, la star du MotoGP, a souligné que l’attention aux détails et le niveau de sophistication de l’usine font en quelque sorte ombrage à son sport.
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